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Un journal, des réflexions, des lecture, de la poésie et quelques envies

Faire confiance à la vie

Publié le 15 Avril 2021 par F. B.

Faire confiance à la vie

Je pense véritablement que pour sortir de l’ébranlement personnel que provoquent en moi actuellement tous les rapports scientifiques sur la biodiversité, sur les chiffres alarmants de cet « édifice du vivant » qui s’écroule, il faut faire confiance à la vie. Cela peut paraitre naïf écrit comme cela, mais j’entends ici faire confiance à cet esprit qui nous gouverne et nous dépasse… Nous nous heurtons à notre impuissance dans les actes du quotidien, nous frappons le cadre…

 Cela ne veut pas dire qu’il ne nous faut pas être responsables, qu’il ne faut pas donner un sens au changement de nos attitudes, mais il faut je crois aussi faire confiance à ce qui nous dépasse…Certains parleront d’esprit, d’autres de poésie, je crois en cette alchimie des molécules qui offrent un sens et une couleur à nos existences, je crois à cet esprit de la providence qui parsème l’existence de mille et un détails, de coïncidences… Je crois à ces messages effacés, à ces hasards rencontrés, quand le réel nous heurte de plein fouet, nous tremblons sous son emprise, mais sommes sauvés si nous parvenons à déchiffrer le mystère de l'existentiel, le sens caché de nos existences…Cette lecture seule peut nous aider à surmonter la tragédie qu’est la vie. Nos sociétés écrivent en temps réel un drame shakespearien dont nous ne connaissons pas l’issue du scénario mais dont on peut raisonnablement présager que nous ne sortirons pas vivants. Pour autant on ne peut pas vivre avec l’idée de la Mort au quotidien, pour entreprendre, pour apprendre.

Il faut en cela voir ce que la mort a de fécond, ce que la tragédie a de bon, ce qu’elles peuvent changer en profondeur en nous dans l’approche de la vie. Le regard du condamné sur les fleurs du printemps qui ornent la branche de l’arbre par dessus le mur, n’est pas le même que celui de ses contemporains qui passent dessous tous les matins de l'autre côté, en liberté, mais la tête baissée. Il faut retrouver la sève de nos cinq sens, et à travers eux, le sel de l’existence. Mon corps exulte tandis que ma conscience est malade. Mes sens, mon paysage intérieur refleurissent avec force et courage, quand la radio ne parle que de naufrage. Je n’ai pas peur de l’écrire, certains soirs , je pleure de désespoir pour le monde, j’ai peur pour mes enfants, j’ai peur pour l’existence, mais le paradoxe est qu’au plus profond de moi, j’ai de la joie, une joie évidente pour cette lumière qui passe à travers moi, pour ce soleil du matin qui continuera d’étaler ses rayons bien après notre disparition, je veux admettre que nous n’aurons pas le dernier mot, nous n’avons pas su nous servir de ce précieux, nous n’avons pas su accepter ce cadeau de la providence, l’argent a ruiné nos vies, l’argent que nous avons déifié au fil des siècles nous conduit tout droit au tombeau et c’est justice. On ne peut plus dire « on ne savait pas ». Bien sûr nous ne sommes pas tous également responsables, mais au moment de faire les comptes, il n’y aura pas de nuance dans le verdict, alors laissons venir à nous cette créativité dans ce qu’elle a de plus vivant, de plus troublant, le drame a ceci de merveilleux qu’il oblige au redressement, à la recherche de solutions, à la créativité, faisons confiance à la vie, dans ce qu’elle a de plus sucré, de salé, de doux amer, nous avons encore quelques pages à rédiger, « encore un petit moment monsieur le bourreau, encore un petit moment », espérons que l’écho de nos vies affranchies touchera les étoiles et servira de témoignage à tout ce qui vibre différemment que ce naufrage du temps présent

 

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